Road Trip au Sultanat d’Oman #1 – De Mascate à Ras Al Had

Conseils d’écoute pour cet article : Aicha – Ched Khaled

Cela fait maintenant plusieurs mois que nous sommes rentrés en France. A vrai dire, notre aventure canadienne n’aura duré que 4 mois… En France, nous avons du affronter les déménagements successifs ainsi qu’une période de stage puis de recherche d’emploi. Nous n’avons pas pour autant arrêté de voyager, mais nous avons diminué notre rythme de publication. Pour faire court, notre retour de Montréal date de décembre 2015, et le récit que nous nous apprêtons à vous raconter a eu lieu en mars 2017. Des choses ont changé !

La première ? LaGoune et Mélina ont tout deux décroché des contrats VIE – Volontariat International en Entreprise (on vous en reparlera). LaGoune a donc déménagé en octobre 2016 au Sultanat d’Oman, et Mélina et Bastien vivent à Sydney depuis juin 2017. Autant dire que nous n’avons pas fini d’avoir des choses à vous raconter !

La Préparation

Dès le moment où LaGoune a décollé, nous nous sommes promis que nous irions le voir à Mascate. Chose promise, chose due, nous achetons nos billets d’avion début février.

Côté budget :

  • Trajet Lyon-Paris A/R en bus + navette aéroport A/R + Billets avec Turkish Airlines -> 400 euros / pers
  • Depuis Marseille, en train + bus, et avec la même compagnie -> 420 euros / pers

Nous avions prévu 500€ /pers, on est dans les clous !

Niveau logement, nous dormirons chez LaGoune, à Mascate, et dans la voiture. Les Caribous ne changent pas leurs bonnes habitudes. Nous avons dessiné deux road trips. Le premier est intense, le deuxième est fou.

Voici ce qui est planifié :

Trajet du premier week-end :
Mascate – Wadi Dayqah – Wadi Al Arbeein – Wadi Shab – Sur – Ras Al Had – Wadi Bani Khalid – Wahiba Sands – Nizwa – Mascate

Trajet du second week-end : Mascate- Khasab (Musandam) – Dubaï – Jebel Shams – Jebel Akhdar – Mascate

Autant dire que nous attendons le voyage avec impatience…

Le départ

Acheminement la veille vers Paris

On est mardi soir. LeCug part en IDTGV de Marseille, Bastien et Mélina en Ouibus de Lyon. Arrivée prévue vers minuit sur Paris, où David et Amélie leur ont prévu un matelas gonflable pour qu’ils passent la nuit. Le trajet est long, mais à coup de liseuse et musique, tout se passe sans gros problème.

Embarquement immédiat !

7h du matin, direction le RER. On n’est pas en avance. Comme à son habitude, notre gentil RER B a du retard et des perturbations, c’est le stress qui monte, la peur de rater l’avion.

A peine arrivés dans l’aéroport, c’est la course : Mélina part en avant pour demander à l’enregistrement d’attendre les deux autres. C’est 10 min avant la fermeture que nous passons les bagages, puis nous dirigeons vers la porte d’embarquement après un arrêt rapide à la sécurité. Notons qu’ils nous ont demandé nos solutions de visa avant d’embarquer : heureusement que nous avions anticipé la question !

Turkish Airlines, une très bonne surprise

Dans l’avion, nous sommes agréablement surpris à la vue du confort et de l’espacement entre les sièges. De plus, quand on compare à AirFrance qui ne propose aucun contenu multimédia sur le Paris-Tel Aviv, Turkish Airlines, elle, propose des centaines de contenus pour une durée égale. Incapables de nous reposer, nous passons l’après-midi devant des films.

Nous avons très faim, et le repas, bien que copieux, ne nous suffit pas. Nous le signalons à l’hôtesse de l’air … Qui nous amène un second plateau chacun ! Notant l’astuce dans un coin de nos têtes, nous continuons notre trajet sans encombre jusqu’à l’aéroport d’Istanbul où nous faisons une escale de 3h.

Le temps d’une pause cigarette et d’un Starbuck, nous voilà dans le second avion, toujours aussi bon standing, direction Mascate. Atterrissage prévu à 4h du matin, heure locale.

Arrivée sur Mascate

« On y esssst ». L’excitation, liée à la fatigue et à un trop grand nombre de bouteilles de vin commandées dans l’avion n’ont pas fait bon ménage. Nous sommes hystériques au passage de la douane. Le visa coûte 15€/personne et s’achète directement à l’atterrissage. Nous n’avions pas prévu de cash ni de carte de paiement sans frais, il faudra donc payer avec les 3% de frais bancaires, mais peu importe !

Nous faisons rire les douaniers, qui nous laissent faire des photos. Ils nous prennent même à partie sur les résultats du PSG. On rit. Une fois le contrôle douanier passé, direction l’aéroport, avec un crochet par le distributeur HSBC pour retirer de la monnaie locale.  LaGoune nous récupère 15mn plus tard et hérite ainsi de trois piles électriques à 4h du mat’, sachant qu’il bosse le lendemain. Par-fait !

Arrivés chez lui, nous découvrons son (très bel) appartement. LeCug prend d’assault le matelas gonflable pendant que Mélina et Bastien choisissent le canapé d’angle. On entend la prière de 5h au loin. Il serait peut être temps de se coucher, non ?

Premier jour sur Mascate : déjà des bêtises

Lever 11h, nous sommes réveillés par un technicien venu réparer la climatisation qui goutte. La nuit ne nous a pas calmés, et l’appartement est magnifique. Nous mangeons un plat de pâtes sur le pouce, puis cherchons a atteindre la plage, que LaGoune nous a vendue comme étant a deux pas !

Nous partons ainsi a la conquête d’un quartier assez aisé de Mascate, pour aller finir la nuit sur la plage, entre 13h et 16h. Nous oublions l’eau et la crème solaire. Nous avons tout gagné sur ce point là. Les villas sont magnifiques, et nous notons les points d’eau potable réguliers. Sur la plage, de nombreux débris de coraux blancs, et des traces de 4X4, très populaires dans le pays. Ce ne sont pas des plages paradisiaques (Mascate n’est pas réputée pour cela), mais le soleil est présent, et l’eau est bonne !

Un omanais vient a notre rencontre et nous demande d’où nous venons. Après une explication, il nous offre un paquet de cigarettes et nous souhaite un bon séjour. Notons que Mélina est en maillot de bain, sans que cela ne provoque une quelconque gêne. Nous notons que tous les omanais nous disent bonjour. Puis nous finissons par nous endormir sur le sable.

A 16h, brûlés et assoiffés, nous reprenons le chemin de chez LaGoune qui finit a 17h. L’insolation aidant, nous nous endormons sur le canapé frais. « Oman m’a tuer » dira la story Snapchat. Une vraie brochette de gagnants…

Passage aux courses obligé…. Et Tim Hortons !

Le départ en road trip est prévu pour le lendemain, et assez tôt, du coup, dès l’arrivée de LaGoune, nous partons dans un très grand centre commercial pour y faire 2/3 courses clefs. Nos repas du midi se feront locaux, mais nous souhaitons acheter des repas du soir, a faire sur le feu.

Oman
« Un peu » de riz – Crédit Photo : Mélina (Phone)

C est en sortant du restaurant que nous découvrons la surprise: un Tim Hortons ! De retour au Canada le temps d’une beigne et d’un cappuccino glaces aux Oreo, nous profitons du simple fait d être tous ensemble.

Oman
Tim Hortons – Crédit Photo : Mélina (phone)

Découverte d’un restaurant Omanais

Au retour, LaGoune nous emmène dans un très bon restaurant Omanais où nous goûtons le plat traditionnel du pays : le shuwa, de l’agneau cuit dans une feuille de bananier, accompagné de riz. Et c’est là que nous découvrons le plus grand mal de ce pays : Le Fresh Lemon Mint ! Ce jus de fruit, sorte de virgin mojito très fort en menthe, est une véritable pépite, qui impactera fortement notre porte monnaie – il faut compter entre 3 et 5 euros pour en acheter un. Le repas nous revient entre 15 et 20 euros et nous en sortons repus, avant d’aller nous coucher, histoire de reprendre des forces avant le lendemain !

Road Trip 1, here we go !

Un réveil matinal

6h du matin, le réveil sonne. Les sacs à dos sont déjà prêts. Ni une, ni deux, on les charge dans la voiture, à côté du matériel de camping. GPS en place. Playlist connectées. Le soleil n’est même pas encore levé, mais on est partis !

En route pour le Wadi Dayqah.

7h, nous nous éloignons de Mascate par l’autoroute pour arriver sur notre premier Wadi. Celui-ci est extrêmement aménagé, avec un barrage d’un côté, puis des fontaines. Les montagnes se dessinent à l’horizon. Nous nous y arrêtons faire quelques photos avant de reprendre la route.

Sur la route de Wadi Al Arbeein – Crédit photo : Mélina
Sur la route de Wadi Al Arbeein – Crédit photo : Mélina

 

La route de piste

La grande aventure commence alors. LaGoune a sorti son magnifique guide Oman Offroad, et nous voilà partis sur les routes de piste ! Tout d’abord, le paysage semble désertique bien que vallonné puis, peu à peu, les gorges se creusent, et des cours d’eau apparaissent. Car oui, Oman, ce sont non seulement des déserts, mais aussi des vallées, collines, montagnes, des cours d’eau, wadi et autres falaj. Loin du paysage cliché des pays du Moyen Orient.

Oman
Route de piste – Crédit Photo : Mélina

 

Oman
Du désert à perte de vue – Crédit Photo : Mélina
Oman
Paysages Omanais – Crédit Photo : Mélina

Un petit village traditionnel au bord du Wadi Al Arbeein

Au bout de la route, nous arrivons prêt d’un immense trou d’eau. Un groupe d’habitants en maillot de bain s’amuse à y sauter. Les photos ne rendent pas justice de la beauté du lieu.

Un jeune nous prend à partie. Il ne parle ni anglais, ni français, mais, en quelques signes, nous comprenons où il veut en venir. « Saute ». Sans trop d’hésitation, LaGoune s’élance. Et oui, Oman, c’est également une destination parfaite pour les sports d’eau type canyoning sauvages et sauts ! Le ton est donné pour la suite.

Oman
Sur la route – Crédit Photo : Mélina

Nous reprenons la voiture jusqu’au village, où nous croisons plusieurs enfants en tenue traditionnelle. Plusieurs habitants viennent nous voir et nous demandent, tant bien que mal vu la barrière de la langue, d’où nous venons. Nous parvenons à échanger quelques mots, quand des enfants déboulent en riant sur Mélina. « Picture ! » « Clic Clic » « Cheese ». A coups de gestes, ils parviennent à nous faire comprendre qu’ils souhaitent une photo d’eux. Mélina s’exécute puis leur montre le résultat sur l’écran. « Good », dit la plus grande, le pouce en l’air. L’instant est émouvant.

Des parents, intrigués, nous rejoignent, et nous proposent de les suivre à l’intérieur. Nous nous exécutons, sauf Mélina, qui n’ose pas rentrer en tant que femme non voilée dans un lieu de prière. 2mn plus tard, encouragée par le reste des habitants, elle suit le groupe « Religion your choice. Hospitality more important. ».

Une fois à l’intérieur, les habitant nous apportent leurs oranges et leurs dattes, qu ils cultivent eux mêmes. Puis du kawa traditionnel, une sorte de café à la cardamone dont tous raffolent. Tout est délicieux. Ils nous expliquent qu’aujourd’hui, ils célèbrent un mariage et nous proposent de venir. Nous déclinons l’invitation, mais faisons quelques photos avec le marié, qui était très heureux de poser d’immortaliser pour lui aussi cette rencontre surréaliste. Tout du long, nous nous sommes demandés l’accueil qu’aurait eu des Omanais en tenue de chez eux dans un petit village reculé français….

C’est sur cette belle leçon d’ouverture et de tolérance, que nous reprenons la route.

Village proche de Wadi Al Arbeein – Crédit photo : Mélina
Enfants près du Wadi Al Arbeein – Crédit photo : Mélina

Bimmah Sinkhole

Oman
Sinkhole – Crédit Photo : Mélina

Changement radical à l’arrivée au Bimmah Sinkhole . Ce lieu, très touristique, est un véritable trou d’eau au milieu du désert, relié à la mer par des artères sous marines. Des jeunes y sautent de quelques mètres de haut, et nous nous jetons à l’eau pour tenter notre chance. Les petits poissons chatouillent nos pieds en mangeant nos peaux mortes. Nous passons environ une heure dans le lieu avant de reprendre la route, encore une fois.

Wadi Shab

Oman
Chèvres – Crédit Photo : Mélina

La journée, déjà bien riche en découverte, se continue, direction le Wadi Shab. Après une route où nous avons croisé pas mal de chèvres, nous garons la voiture et récupérons sac hermétique et quelques pièces. Nous payons la traversée en bateau 2 euros pour atteindre l’entrée du wadi.

Mais, qu’est ce qu’un wadi ?

La definition de l’expert LaGoune : Wadi signifie rivière . En Oman, les wadis non asséchés créent des piscines naturelles paradisiaques propices à la baignade et au canyoning. Les wadis deviennent des torrents puissants lors de chaque déluge.

C’est donc surexcités que nous attaquons la découverte de notre premier wadi. Nous finissons par abandonner vêtement et pochette hermétique derrière un buisson pour continuer à remonter le lieu à la nage. Mélina gardera tout de même un justaucorps et un t-shirt, choisissant de respecter les pratiques omanaises, bien que de nombreux touristes aient fait le choix inverse.

De nombreux omanais font des feu de camp sur les bords. Les lieux de sauts sont nombreux. Les paysages, magnifiques. L’eau turquoise qui se glisse ainsi entre les montagnes. Et le fond est plus que profond.

Nous finissions par atteindre une grotte. Celle-ci est reliée au la rivière par un boyau. A l’intérieur, les paysages sont éclairés depuis l’eau. Une cascade se déverse dans un bruit assourdissant. C’est magnifique. LaGoune et LeCug se hissent en haut de la cascade. Mélina tente de les suivre, sans succès, malgré l’aide de jeunes présents pour aider. De là s’enchaîne une session de sauts hors du commun.

Au bout de 2h, tristes, nous entamons le chemin du retour. Ce lieu est décidément extraordinaire.

Wadi Al Arbeein – Crédit Photo : LaGoune

Ville de Tiwi

Nous commençons à avoir faim et décidons de nous arrêter manger dans un petit restaurant et commandons un poisson grillé aux épices avec du riz. Le plat est très bon, et la pause fait du bien ! Nous avons décidément un rythme très sain : premier repas de la journée à 17h, tout est parfaitement normal. On accompagne bien évidemment le tout d’un fresh lemon mint, devenu une véritable addiction au sein du groupe, et profitons d’un chouilla d’internet… Avant de reprendre la route !

Visite du port de Sur et des Dhows

Avant dernière étape de la journée, celle de la ville de Sur, connue notamment pour son port et ses dhows, bateaux traditionnels. La nuit est déjà tombée, mais les éclairages nous révèlent le charme de l’endroit. Nous prenons le temps de faire quelques photos des dhows, bateaux traditionnels.

Dhow dans le port de Sur – Crédit photo : Mélina

Direction la plage pour un camping de nuit

Pour passer la nuit, nous avons prévu de faire du camping sauvage. Nous avons deux tentes, deux énormes torches « façon Kho Lanta » qui s’avèreront plus nous servir de jouets qu’autre chose, des chaises et tables de camping: Bref, nous devrions être heureux. Un ami nous a conseillé un spot le long d’une plage de pêche, et nous nous y rendons, en prenant soin d’emmener des planches dans le coffre, histoire de pouvoir désembourber la voiture au cas-où celle-ci serait prisonnière du sable.

Nous finissons par arriver et déchargeons la voiture, puis LaGoune et LeCug reprennent celle-ci pour aller chercher du bois plus haut, pendant que nous vérifions le bord de la plage.

Rencontre avec une tortue de mer

LaGoune et Bastien sont revenus avec du bois, et nous partons explorer la plage. C’est alors que nous nous retrouvons nez à nez avec une immense tortue de mer en train de pondre ! Celle-ci mesure un bon mètre de long. Voyant qu’elle semble inquiète, nous décidons de la laisser tranquille, et retournons autour du feu pour boire quelques bières et souffler un peu.

Soirée camping sauvage au bord de la plage

Le son des vagues est plaisant. Les bières sont fraîches. Les étoiles sont nombreuses. Nous n’en sommes qu’à notre première journée de road trip. Et pourtant… Quelle journée ! Nous passons la soirée ainsi, jusqu’environ 23h

La plage est orientée plein est. Nous partons nous coucher, les réveils réglés sur 5h, et des images plein les yeux.

Pêcheurs à Ras Al Had – Crédit photo : LaGoune
Ras Al Had – Crédit photo : Mélina
Lever de soleil sur Ras Al Had – Crédit photo : LaGoune
Lever de soleil sur Ras Al Had – Crédit photo: Mélina

Bilan d’une première journée déjà incroyable

Voici les premières informations concernant cette première journée de road trip. Tout d’abord, notre itinéraire :

Ensuite, faisons un point sur le budget :
– L’essence sur cette journée nous aura environ coûté 10 OMR
– La traversée en bateau  pour le wadi nous sera revenue à 1 OMR/pers
– Les courses ont eu pour montant 20 OMR
– Enfin, la pause repas nous aura coûté environ 2 OMR/pers.
Soit un budget total de 53 OMR , auquel il vous faudra ajouter entre 10 et 30 OMR / jour si vous souhaitez louer une voiture sur place.

Ce road trip, dont nous vous raconterons bientôt la suite, est l’un des plus beaux qu’il nous ait été donné de voir. N’hésitez pas, et partez découvrir Oman !

 

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3 réflexions sur “Road Trip au Sultanat d’Oman #1 – De Mascate à Ras Al Had

    1. Hello ! Merci de ton retour positif 🙂
      Oui on est une bonne petite clique, ce qui, forcément, multiplie les noms :/ – Tu peux regarder la page à propos pour un récapitulatif des principaux rédacteurs 😉
      Merci à toi pour ta lecture !

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