Traversée du Canada : de Montréal à Vancouver

A la fin du semestre académique, une partie des caribous a décidé d’entreprendre un road trip hors du commun… La traversée du pays ! Amélie vous raconte cette grande aventure…

Conseil d’écoute pour cet article : Rone – Bye Bye Macadam

Carnet de route

Ça y est les cours à Polytechnique sont finis… Mais, avant de rentrer à la maison, une envie subsiste….Les voyageurs fauchés veulent se lancer un défi : traverser le Canada d’EST en OUEST pour découvrir la richesse des paysages et la variété de la culture canadienne. Voici la feuille de route :

04/01 Montréal, Ottawa puis Sudbury
05/01 Red River, Sault Ste Marie, Thunder Bay puis Winnipeg
07/01 Saskatoon et arrivée à Edmonton
09/01 au 13/01 Calgary et les Rocheuses
13/01 au 16/01 Vancouver
16/01 au 17/01 Seattle
18/01 retour à Montréal

Carte Canada -Amélie VALLIER
Road trip Caribou by Amélie

 

Traverser le Canada, oui, mais comment ?

Le trajet s’annonce long et l’hiver nous oblige à nous loger en auberges, hôtels ou encore Airbnb, ce qui augmente les frais par rapport au camping sauvage habituel.
Nous sommes trois à réaliser ce périple, certains étant déjà sur le chemin du retour… Un bon chiffre pour voyager, découvrir et surtout pouvoir parler facilement avec les locaux.

Pour l’aller : le bus

Le bus est, en moyenne, moins cher que l’avion. Cependant, avec les prix low cost de dernière minute pratiqués par certaines compagnies aériennes, l’avion se trouve être, sous certaines conditions, plus rentable. Coupons la poire en deux : aller en bus, retour en avion ! Nous choisissons, pour l’aller, de voyager avec la compagnie Greyhound. Ce n’est pas la seule, mais il faut bien choisir. Nous payons notre traversée 220 CAD, pour 6 bus et 5 jours au total. Le retour nous coûtera 110 CAD en 5h via Air Canada.

Traverser le Canada par la transcanadienne est bien mieux pour découvrir de nouveaux territoires, des paysages grandioses, avoir un aperçu de pleins de villes. Cela permet aussi d’échanger facilement avec d’autres passagers car les longues distances favorisent les rapprochements. Petit bémol : traverser des villes sans s’y arrêter ou alors seulement quelques minutes peut être frustrant car cela pique la curiosité. Et puis c’est long, très long et cela demande un peu d’organisation pour les changements de bus, d’avoir imprimé tous les billets avant et de descendre à la bonne station. Les pauses entre les changements de bus varient de 45 min à 6h.

Un long voyage en bus : les préparatifs

Un voyage en bus, ça se prépare. Nous choisissons de prendre toute notre nourriture à l’avance pour réduire nos coûts bien que le bus s’arrête dans des stations-service toutes les 2/3h. Nous voulons respecter le plus possible notre budget établi.

Le consommé du voyageur fauché : conserves en tous genres, barres de céréales, compotes, biscuits maison, eau. En gros tous ce qui se conserve bien, qui donne un maximum d’énergie et qui prend le moins de place possible. Nous appelons ça le « consommé du prisonnier » (paradoxalement prisonnier de ce bus mais incroyablement libre dans l’immensité de la nature).

Outre la nourriture, il faut penser à l’occupation. 5 jours, c’est long. Mais nous avons un plan d’attaque.

La vie du voyageur fauché en bus:
– Ecouter la 
musique, faire des jeux d’ordinateur (attention au décalage entre votre niveau d’excitation et celui du bus qui frôle le 0)
– Se murer dans le silence et réfléchir à la philosophie de la vie en contemplant les paysages (un peu ésotérique)
– Ecrire des cartes (ça fait plaisir aux amis)
– Regarder des films, des séries, des documentaires
– Faire des Pictionary (à noter que c’est un jeu universel)
– Dormir (dans le bus, par terre dans les gares, on n’imagine pas à quel point la position couchée est un luxe)
– Surfer sur internet (quand c’est possible!)

La compagnie Greyhound vend un Wi-Fi et des prises dans tous ses bus mais c’est loin d’être le cas! Seule la moitié des bus en sont équipés. Il faut donc prévoir des petites batteries de secours pour ceux qui ne supportent pas de rester dans le silence pendant de longues heures. Ou alors, et nous l’avons connue, la galère des rechargements à chaque pause des bus…

A voir la liste ci-dessus, vous constatez que ce mode de transport nécessite bien plus de préparation, est bien plus long, bien plus fatigant. Mais tellement plus enrichissant, par les gens, les paysages, les villes etc… ! Au total c’est plus de 4000 km qu’il nous faudra parcourir dans un sens puis dans l’autre.

Le changement de paysages d’un bout à l’autre du canada, une histoire !

ONtario road -traversée
La route en Ontario – Crédit photo: Amélie
Saskatchewan plaines et tempete -traversée
Les plaines du Saskatchewan et du Manitoba – Crédit photo: Amélie

Au Québec, le paysage est assez vallonné et recouvert d’immenses forêts touffues avec un nombre impressionnant de lacs et de rivières. Plus loin, au niveau de Sudbury, dans l’Ontario, le paysage devient plus plat. La forêt de résineux est toujours là, tout comme les lacs ou les Hydravions qui viennent s’y poser.

Au niveau de Winnipeg, la forêt laisse place à des plaines immenses ou seul l’horizon blanc arrête notre regard, c’est le Saskatchewan. Cette province donne le tournis, tout est plat à perte de vue. Les grandes plaines agricoles sont ensevelies sous la neige, rien ne bouge, pas d’arbres ni de buissons, l’immensité est vide jusqu’à l’horizon. La route file en ligne droite.

En allant vers l’Alberta, vers North Batern Fort et jusqu’à Edmonton, le paysage devient un peu plus vallonné avec quelques bosquets éparses qui attirent l’attention. De Calgary aux Rocheuses, le paysage prend des airs de far west américain. Les collines sont parsemées d’arbres, de cactus et de champs ou passent de gigantesques troupeaux de vaches et de chevaux, et ceci même sous l’épais manteau blanc. On sent la fièvre de l’or noir. La région est productrice de pétrole et chacun dans son champ puise goutte à goutte cette précieuse matière dans les entrailles de la terre.

Au loin les rocheuses, magnifiques, somptueuses, qui se détachent dans le ciel bleu. Les torrents, les cascades et les lacs aux eaux émeraudes serpentent dans les vallées, la vie de la montagne est là : bouquetins, aigles, renards, biches. Et puis le silence, parfois pesant, nous rappelle les dangers de ce lieux. Heureusement en cette saison le Grizzly hiberne! La glace des lacs, poussés par les courants sous-jacents forme des pics se dressant vers le ciel. Les petites villes a la tombé de la nuit sont des points lumineux sur le flancs noirs des falaises, les pistes des station de ski trace des saignées blanches et immaculées à travers la foret.

De l’autre côté des rocheuses, le temps change radicalement et devient plus humide, le ciel bleu laisse place à la pluie, nous sommes sur la côte ouest du Canada. La cote est découpée et les montagnes baignant dans le pacifique forment un rempart naturel pour les ports de Vancouver et Seattle.

alberta road - traversée
Les routes d’Alberta. Crédit photo: Amélie
Les rocheuses canadiennes - traversée
L’arrivé dans les rocheuses. Crédit photo: Amélie 

Arrêt à Calgary

A notre arrêt en bus à Calgary, nous choisissons d’y séjourner quatre jours pour découvrir les rocheuses canadiennes. Nous arpentons les vallées avec une Toyota Auris louée pour l’occasion. Le modèle le moins cher à la location mais qui a fait ses preuves sur les routes enneigées. Ne vous fiez pas aux apparences, une Auris ça passe partout et par tous les temps !

Pour le logement, le motel le moins cher de Calgary fera l’affaire. Ce qui est bien avec l’influence américaine, c’est que peut importe le logement que vous louez, le lit King Size est une institution, garantissant de bonnes nuits. Nous ne réservons rien à l’avance et prenons des offres de dernières minutes sur des grands sites de réservation. Grâce à cette méthode, nous sommes parvenus à avoir des rabais de 70% sur des hôtels, surtout en cette période d’hiver peu fréquentée.

 

Soleil rasant dans les Rocheuses Canadienne - traversée
Soleil rasant. Crédit photo: Clément
Les Rocheuses Canadienne - traversée
La route des Rocheuses. Crédit photo: Clément
Coucher de soleil dans les Rocheuses - traversée
Coucher de soleil sur les crêtes. Crédit photo: Clément

 

Le ciel est bleu azur et la température descend à -20°C dans un silence surprenant. Le soleil rasant d’hiver offre de belles photos au détour des routes. Cette étape dans les rocheuses sera l’objet d’un article complet, on se contente donc ici de vous donner un petit aperçu en quelques photos !

Le passage de l’autre côté des Rocheuses vers Vancouver

Nous continuons notre chemin puis passions les Rocheuses. En à peine 300 km la température est remontée de 30°C pour arriver à 10°C. Nous n’en revenons pas, la barrière de montagnes est un véritable bouclier thermique. Bye bye la neige et bonjour la pluie ! Nous troquons la blancheur du manteau neigeux contre de la verdure luxuriante.

 

Campagne vancouver
La campagne de l’autre coté des Rocheuses vers Vancouver. Crédit photo Amélie
vancouver vers les Rocheuses - traversée
Route du coté de Vancouver

A ce point, nous avons officiellement traversé le Canada d’est en ouest, nous sommes à 4000 km de Montréal ! Dépaysés mais contents d’y être parvenus, nous savourons des nuits de repos et nous préparons à découvrir Vancouvert…

 

Toujours plus de distance ? Viens donc lire notre article sur Notre Road Trop à la Baie James !

4 réflexions sur “Traversée du Canada : de Montréal à Vancouver

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