Canot-camping en Vérendrye

Conseil d’écoute pour cet article : Et la pluie tomba, Worakls

Vérendrye

Couché de soleil sur les chemins

Jeudi soir, 22h, 2 bières chacun. David prend la parole “Hé les gars, j’ai un plan voyage pour ce week-end !”. Silence. “J’ai trois potes qui sont chauds pour faire du canot-camping, on partirait à la Vérendrye, c’est à quatre heures d’ici, on louerait des canoës et on passerait deux jours sur le lac. Le camping est pseudo-sauvage. Ca vous chauffe ?”. Evidemment qu’on est motivés ! Après tout, la règle est simple : un qui part, c’est cinq qui font leurs sacs !

Vendredi midi. Il faudrait peut être concrétiser un peu l’idée. Les sacs de couchage coûtent cher. Et puis il fait chaud en ce moment. Alors à quoi bon s’embêter ? Nous voici donc decidés à partir sur un coup de tête au fin fond du Quebec sans materiel de camping avec pour but de survivre. Nous réservons un van sur internet et allons nous coucher en ayant à peine prévu la journée du lendemain.

8h, la location est une arnaque. Il faut faire opposition au paiement et trouver une autre voiture. Bastien part à discountcar, entreprise que l’on nous a recommandée et qui deviendra bientôt notre QG. Dans le même temps, des courses s’imposent : quelques nouilles instantannées, de l’allume-feu, des bières, des lampes-poches, de l’anti-moustique, des gourdes. Nous finissons par partir à midi dans deux 4X4, les Yaris étant toutes louées et le surclassement gratuit. Nous avons perdu un membre de notre équipe survie et il pleut. Mais nous partons quand même.

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Couché de soleil sur le lac

Nous mangeons sur la route dans un restaurant St Hubert, apparemment “immanquable” du Québec. On s’en serait passés. Le goût de poulet reconstitué n’apporte rien à leurs poutines fadasses. Mais, au moins, ça remplit le ventre. Nous dépassons Mont Tremblant vers 15h. Nous perdons la 3G. Plus de GPS, nous nous laissons guider par une bête capture d’écran faite juste à temps. Celle-ci nous amène hors des sentiers battus, sur un chemin de terre que même nos voitures de compétition ont du mal à suivre. Après 10km, nous renonçons et revenons sur nos pas, tout en prenant le temps de contempler le couché de soleil sur la foret. De retour sur la route classique, un lac se dessine au loin. Celui-ci fait miroir aux couleurs du crépuscule que seuls tranchent ces grand arbres, sapins et érables. Nous y sommes, il est maintenant temps de louer nos canot.

Vérendrye

Les canots

La location d’un canot double + gilet de sauvetage coûte 39 dollars pour 24h. Le domaine est immense, et l’on peut aussi bien y passer un week-end qu’une semaine, selon nos envies. Par précaution, nous déboursons 7 dollars de plus pour un bidon hermétique qui nous servira à mettre notre matériel multimedia.

C’est à la nuit tombée que nous commençons notre aventure. Nous pagayons quatre kilomètres jusqu’à la première île où nous décidons de monter notre campement. Un bon feu de camp, pour éloigner les ours, une corde pour étendre le linge, de la bonne musique sur nos enceintes portatives, une tente de fortune montée à l’arrache sur du sable et trois buches faisant office de banc constitueront notre logement de fortune pour la nuit.

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Les canots et la plage

La nuit est compliquée. Bien qu’ayant éloigné la nourriture de notre tente, nous entendons au loin les cris des ours et les hurlements des loups. Il pleut, le sable sous nous est trempé. Nous avons eu beau superposer les polaires, celles-ci ne remplacent pas un sac de couchage. La tente est pleine à craquer. Les meilleurs auront réussi à dormir 2h, mais il est temps de partir. Nous profitons d’une accalmie pour refaire un feu, histoire de nous réchauffer avant le départ. Objectif du jour : 20km.

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A la sortie de la tente

Vérendrye

Les paysages

Les paysages sont somptueux. La pluie déchire le ciel et agite le lac. Les arbres, désolés, penchant vers les eaux et recouvrent le moindre îlot de terre sur des kilomètres. Plus aucune trace de civilisation, juste ces eaux, ces arbres et nous, si petits face à temps de grandeur et de beauté. Le circuit est difficile, mais l’ambiance de groupe nous aide à dépasser nos limites, même lorsqu’il faut porter nos embarcations sur un demi-kilomètre le ventre vide. La journée se déroule donc ainsi, au son du chant des oiseaux et du piano de la pluie. C’est à 17h que nous rendons le matériel et retrouvons avec bonheur les sièges chauffants de la voiture. Toutes nos affaires sont trempées. Nous sommes beaux à voir, en sous-vêtements dans nos 4X4 de luxe. Heureusement, un Tim Hortons sur le chemin du retour nous fournit en chocolats chauds pour nous faire tenir jusqu’à la maison. Nous rentrons malades et fatigués de ce week-end d’aventure improvisé qui nous aura permis de découvrir la région des lacs sûrement de l’une des meilleures façons qui soit. Certes, l’épopée n’aura pas été facile, mais quels souvenirs !

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Le récit de notre road trip en Ontario, c’est par ici !

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